Auteur Sujet: L'ANC ça pollue ?  (Lu 280 fois)

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L'ANC ça pollue ?
« le: 07 septembre 2017, 18:45:11 »
1980 : Etude Inter-Agence « la Bible »   

Dilution par les eaux naturelles

La notion de dilution est essentielle pour apprécier les conséquences d'un rejet d'eaux usées sur la qualité d'un milieu récepteur. Quelque soit l'efficacité de l'autoépuration du sol, certains composés vont gagner les eaux souterraines considérées comme un milieu récepteur dont il convient de conserver l'usage principal qui est celui de l'alimentation  en eau potable. Cet usage est actuellement de plus en plus compromis par un accroissement des concentrations en azote et en particulier en nitrates.

Les eaux usées sortant d'une fosse septique et admises dans un système de dispersion par le sol peuvent contenir de 60 à 100 mg/l d'azote.

La concentration en azote tolérée par les normes de potabilité des eaux livrées à la consommation est de 10 mg/l*. Dans l'hypothèse la moins optimiste où les processus de dénitrification seraient inopérants, le facteur de dilution par les eaux naturelles devrait être compris entre 6 et 10. Pour un rejet de 100 litres d'eau par usager et par jour, soit 36,5 m3 par an, l'apport pluviométrique devrait donc être compris entre 182 et 328 m3 par an. (36,5 x 5) ou (36,5 x 9).

Sur la base d'une pluviométrie efficace de 200 mm par an, généralement atteinte et souvent dépassée dans de nombreuses régions en France, la surface d'infiltration concernée devrait être comprise entre 328 000/200 = 1640 m2 et 182 000/200 = 910 m2. Ainsi, dans ces conditions, le maintien de la qualité au plan de l'azote, d'une nappe souterraine alimentée exclusivement à partir d'une zone urbanisée desservie par l'assainissement individuel, impliquerait des surfaces de terrain comprises entre 4 000 m2 et 6 500 m2 par logement. De ce calcul très élémentaire, on peut tirer deux types d'indications permettant de situer des ordres de grandeur. D'une part, la protection des captages implique des périmètres de protection étendus, à l'intérieur desquels une urbanisation faisant appel à l'assainissement individuel doit être exclue. D'autre part, l'assainissement individuel d'un habitat dispersé, dont la densité est nettement inférieure à 6 à 10 habitants par hectare (600 à 1 000 habitants au km2), ne peut être mis en cause'significativement dans l'accroissement des taux de nitrates dans les eaux souterraines.

En fait, l'accroissement inquiétant de la teneur en nitrates d'un certain nombre de nappes a d'autres origines beaucoup plus significatives. Il n'en reste pas moins vrai que l'azote apporté par l'assainissement individuel vient s'ajouter à celui de ces autres origines et qu'il convient d'en limiter les rejets en favorisant le déroulement des processus d'élimination précédemment évoqué


1985 : BRGM  Les Nitrates dans les eaux souterraines


Nitrates d'origine domestique


Dans la craie du Nord, les études isotopiques ont montré que l'excès de nitrates semble souvent provenir de pollution domestique. Les causes peuvent en être des défauts d'étanchéité des collecteurs, mais surtout l'absence d'assainissement dans les quartiers anciens et l'utilisation de puits perdus.

Dans la Beauce on a constaté, sur les eaux de captages situés dans les bourgs, une superposition de pollutions d'origine domestique à la charge en nitrates d'origine agricole.

L'assainissement individuel, tant en habitat concentré, qu'en habitat dispersé peut également être responsable de la pollution azotée. Ainsi dans la nappe alluviale de la vallée de la Garonne sur la commune de St Jory, à 15 km au nord de Toulouse, l'analyse isotopique de l'azote sur 50 puits a permis de distinguer la pollution d'origine strictement organique, de la pollution générale de la plaine, d'origine agricole. Le panache de contamination organique s'étend sur près de 4kms à l'aval hydraulique du village ; il résulte de l'impact sur les eaux souterraines de l'assainissement individuel. Celui-ci peut être responsable de teneurs en nitrates comprise entre 10 et 40 mg/l, et parfois 50 à 100 mg/l si le rejet est pratiquement direct dans la nappe, comme l'a démontré une seconde étude dans la vallée du Tarn à Villemur-sur-Tarn (hameau de Sainte-Raffine).

Ces conclusions sont appuyées par les fortes teneurs en potassium (4 à 9 mg/l) du panache de pollution.

Bien que localisé autour des agglomérations, les pollutions par les nitrates d'origine domestique peuvent avoir des conséquences facheuses pour les captages implantés en zone urbaine ou en périphérie de celle-ci.

Ainsi la ville de Compiègne a-t-elle dû reduire l'exploitation de ses captages du Clos des roses, dans la vallée de l'Oise, les teneurs en nitrates ayant atteint 120 mg/l. De nouvelles ressources de meilleure qualité chimique ont été recherchées et captées à plus de 15 kms, dans la nappe de la vallée de l'Aronde.

201X - ANONYMOUS
(traduction google à l'arrache)

La directive Nitrate 91/676 / EEC spécifie une limite pour l'application de l'azote à la surface du sol comme 170 kg-N / ha par an. Sur les cultures, environ 90% du N total est absorbé par la végétation de surface, avec 10% de lixiviation à l'eau souterraine. Ainsi, dans le cas des effluents OWTS qui ne sont pas interceptés par les racines, il est acceptable d'introduire à une profondeur de 120 cm dans le sous-sol 10% de la charge ci-dessus. Ensuite, un calcul simple basé sur 59,2 mg-NO3 / L et le flux d'eau dans le filtre à sable produit 3,6 kg N / an. En outre, une densité maximale de 5 ménages à deux personnes par hectare (500 par km2) serait déjà à la limite de chargement d'azote.


Quelqu'un a déjà vu la moindre esquisse de début de méthodo pour la définition des zones sensible? Vous savez celle du Pananc Action 12 : Suivre et accompagner la mise en oeuvre de la reglementation au niveau locale
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Hors ligne Thomas

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Re : L'ANC ça pollue ?
« Réponse #1 le: 11 septembre 2017, 10:49:52 »
Je répondrais la même chose que pour les stations collectives : ce ne sont pas les installations de traitement qui pollue, ce sont les logements (enfin, l'activité de leur occupant). L'ANC, comme l'AC, réduit la pollution, mais ne la supprime pas totalement. Donc oui, il y a une pollution résiduelle, notamment pour les nutriments (nitrate, phosphate) et, en fonction des systèmes, la microbio.

On rappellera que le traitement de l'azote est assez compliqué déjà pour les STEP collective, alors pour l'ANC... (sauf les toilettes sèches, si c'est bien fait).